
Le titre-restaurant, que tout le monde appelle le ticket restaurant, n’est pas un avantage accessoire. C’est un élément de rémunération indirecte qui pèse concrètement, chaque mois, sur le budget des familles. Un agent qui déjeune cinq jours par semaine hors de son domicile engage une dépense contrainte que son employeur peut, et doit, contribuer à couvrir.
Le problème est double. D’un côté, certaines collectivités n’ont toujours pas mis en place le moindre dispositif : leurs agents financent intégralement leurs repas sur un traitement qui, en catégorie C, laisse déjà peu de marge. De l’autre, là où le titre-restaurant existe, sa valeur faciale a souvent été fixée il y a plusieurs années et n’a jamais suivi l’évolution du coût de la vie. Résultat : un titre censé couvrir un repas ne couvre plus, dans les faits, qu’une partie de celui-ci.
À La Réunion, cette question prend une acuité particulière. Le différentiel de prix sur les produits alimentaires par rapport à l’Hexagone est documenté depuis longtemps. Un titre-restaurant calibré sur des références nationales anciennes perd donc encore plus vite son pouvoir d’achat réel sur notre territoire.
S’ajoute une injustice territoriale difficile à justifier auprès des agents : deux personnes exerçant le même métier, avec le même grade, à quelques kilomètres l’une de l’autre, peuvent bénéficier de conditions radicalement différentes selon la collectivité qui les emploie. Cette disparité n’a aucun fondement statutaire. Elle résulte uniquement de choix budgétaires locaux.
Ce que nous demandons
- La généralisation du titre-restaurant à l’ensemble des collectivités territoriales, sans exception.
- Une valeur faciale portée à 8 € minimum, avec une part employeur significative.
- Un mécanisme de révision périodique indexé sur l’évolution réelle du coût d’un repas.
- L’absence de pénalisation des agents en arrêt maladie sur l’attribution des titres.
Revendiquer le titre-restaurant à 8 €, ce n’est pas demander un supplément de confort. C’est demander que le travail permette, au minimum, de se nourrir.